
Actions vs obligations suisses sur le long terme
Sur longue période, les actions suisses ont été l'actif le plus performant. Plus l'horizon de placement s'allonge, plus la nature de leur risque se transforme. Une allocation diversifiée réduit la volatilité tout en conservant l'essentiel du rendement1. Ces enseignements viennent de l'étude Pictet sur la performance des actions et des obligations suisses entre 1900 et 2025. Deux variables décident du résultat patrimonial : la durée pendant laquelle le capital reste investi, et la façon dont il est réparti.

Quelle a été la performance des actions suisses par rapport aux obligations depuis 1900 ?
Depuis 1900, les actions suisses affichent un rendement nominal annualisé moyen de 6,8 %. Les obligations suisses, sur la même période, s'établissent à 3,9 %1. L'inflation ne referme pas l'écart. En rendement réel, on parle d'environ 4,6 % par an pour les actions et de 1,8 % pour les obligations1.
Chaque classe d'actifs joue son rôle. Les obligations stabilisent et préservent le capital. Les actions donnent accès à la croissance des entreprises, aux dividendes et à la capitalisation composée. Quand le temps travaille pour l'investisseur, ce sont elles qui ont porté l'essentiel de la croissance patrimoniale.
Le risque des actions diminue-t-il vraiment avec un horizon de placement long ?
Le risque des actions est réel à court terme. Il change de nature quand l'horizon s'allonge.
Aucun investissement en actions suisses initié depuis 1931 et détenu 10 ans n'aurait enregistré de performance négative1. Sur un horizon de 14 ans, aucun placement initié depuis 1909 n'aurait affiché de perte1. Sur 20 ans, tous les investissements réalisés depuis 1900 auraient été positifs1.
La volatilité et le risque patrimonial final sont deux choses distinctes. Un investisseur contraint de vendre pendant une baisse matérialise la perte au prix du jour, et cette perte ne se rattrape plus. Pour un investisseur patient, diversifié et aligné avec son horizon, cette même volatilité devient supportable.
Ces chiffres décrivent le passé, et le marché suisse en particulier. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs, et un investissement comporte toujours un risque de perte en capital.
La diversification oblige-t-elle à renoncer à la performance ?
Une allocation suisse composée de 60 % d'actions et de 40 % d'obligations a généré un rendement nominal annualisé de 6 % depuis 1900, avec une volatilité de 12 %, contre 19 % pour un portefeuille entièrement en actions1.
Le rapport entre rendement potentiel et stabilité s'améliore. Les actions suisses ont connu 37 années calendaires négatives depuis 1900. Sur ces 37 années, les obligations ont affiché des rendements positifs dans 29 cas1. Dans une allocation mixte, cette mécanique amortit les phases de repli.
Le marché actions suisse est-il diversifié ou concentré ?
Derrière leur cotation locale, les sociétés du marché actions suisse tirent l'essentiel de leur activité de l'étranger. En 2025, 83 % des revenus des sociétés du Swiss Performance Index venaient de l'étranger1. Cotés à Zurich, ces sociétés réalisent l'essentiel de leur chiffre d'affaires hors de Suisse. Détenir ces titres cotés à Zurich revient à s'exposer à une activité répartie dans le monde entier.
Son profil est défensif. La santé, la consommation courante et la finance y pèsent lourd. Cette orientation défensive s'accompagne d'une concentration marquée sur quelques valeurs. À fin 2025, Roche, Novartis et Nestlé pesaient à eux trois 37 % de la capitalisation du SPI1. Ces trois sociétés représentent à elles seules plus d'un tiers de l'indice.
Reste un repère pour lire tous ces chiffres à leur juste valeur. Depuis 1900, l'inflation suisse a tourné autour de 2,1 % par an en moyenne1. Cet écart entre inflation et rendement nominal détermine le rendement réel effectivement perçu.
Le tableau ci-dessous rassemble les données de l'étude.
| Indicateur | Actions suisses | Obligations suisses | Portefeuille 60/40 |
|---|---|---|---|
| Rendement nominal annualisé depuis 1900 | 6,8 % | 3,9 % | 6,0 % |
| Rendement réel annualisé depuis 1900 | 4,6 % | 1,8 % | n.d. |
| Volatilité annualisée depuis 1900 | 19 % | 5,2 % | 12 % |
| Perte sur 10 ans | Aucune depuis 1931 | n.d. | Aucune depuis 1912 |
| Valeur théorique de CHF 1'000 investis en 1900 | CHF 3,97 mio | CHF 1,25 mio | n.d. |
Comment calibrer la part d'actions de mon portefeuille selon mon horizon et mes besoins ?
Le risque patrimonial dépend de la durée, de la discipline et de la structure du portefeuille. Un patrimoine investi trop prudemment rassure à court terme. Il expose à un risque plus discret : ne pas croître assez pour préserver le pouvoir d'achat, financer les projets de long terme et traverser l'inflation.
Calibrer la part d'actions revient à peser trois éléments :
- l'horizon de placement réel, c'est-à-dire le moment où le capital sera utilisé ;
- les liquidités dont vous aurez besoin à court et moyen terme ;
- votre capacité à supporter une baisse de marché sans vendre, qui varie beaucoup d'une personne à l'autre.
Ces trois paramètres s'inscrivent ensuite dans un portefeuille diversifié, capable de traverser les cycles sans remettre en cause les objectifs.
C'est là le travail d'un accompagnement patrimonial : traduire ces constats historiques en une allocation cohérente avec votre situation. Prenez rendez-vous pour en discuter.
Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. Tout investissement comporte des risques, y compris la perte partielle ou totale du capital investi. RidgeRock Partners Sàrl ne fournit pas de conseils fiscaux ou juridiques.
Source principale citée dans cet article : Pictet Wealth Management, « Performance des actions et des obligations suisses », mise à jour 2026 portant sur la période 1900-2025.
Questions fréquentes
Quelle a été la performance des actions suisses par rapport aux obligations depuis 1900 ?
Depuis 1900, les actions suisses affichent 6,8 % de rendement nominal annualisé moyen contre 3,9 % pour les obligations, soit environ 4,6 % contre 1,8 % en rendement réel1. Les performances passées ne préjugent pas de l'avenir.
Le risque des actions diminue-t-il vraiment avec un horizon de placement long ?
Historiquement en Suisse, aucun placement en actions détenu 10 ans depuis 1931, 14 ans depuis 1909 ou 20 ans depuis 1900 n'a affiché de perte1. Cela ne garantit pas les résultats futurs.
La diversification oblige-t-elle à renoncer à la performance ?
Un portefeuille 60/40 a généré 6 % nominal par an depuis 1900 avec une volatilité de 12 %, contre 19 % pour un portefeuille 100 % actions1.
Le marché actions suisse est-il diversifié ou concentré ?
En 2025, 83 % des revenus des sociétés du Swiss Performance Index provenaient de l'étranger, ce qui apporte une diversification géographique. Mais la concentration est élevée : Roche, Novartis et Nestlé représentaient ensemble 37 % de la capitalisation du SPI à fin 20251.
Comment calibrer la part d'actions de mon portefeuille selon mon horizon et mes besoins ?
La part d'actions se calibre selon l'horizon réel d'utilisation du capital, les besoins de liquidité et la tolérance aux baisses, le tout inscrit dans un portefeuille diversifié. Un accompagnement patrimonial aide à traduire ces critères en allocation cohérente.


